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Le confinement peut aggraver les conflits Parents/Ados 3 bonnes raisons de penser médiation


Perte de vie sociale durant le confinement, stress de la crise sanitaire, promiscuité, manque d'espace autant d'accélérateurs de conflit dans les familles dont les rapports sont déjà tendus. Avant que les relations soient dramatiquement rompues, il y a toujours des espaces de communication, extérieurs à l'environnement familial auxquels se fier. La médiation familiale en est un, elle permet en très peu de séances, même à distance, de ramener de la sérénité dans le foyer. Et en ce moment la sérénité à la maison est une denrée de première nécessité!


En tant que parent nous avons le devoir d’éduquer et de protéger nos enfants jusqu’à leur majorité voire plus. Cette obligation est reconnue dans la Loi sous le terme d’autorité parentale. La loi n°2002-305 du 4 mars 2002 dispose que :

"L'autorité parentale est un ensemble de droits et de devoirs ayant pour finalité l'intérêt de l'enfant". Elle appartient au père et à la mère jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour le protéger dans sa sécurité, sa santé, et sa moralité, pour assurer son éducation et permettre son développement, dans le respect dû à sa personne. Les parents associent l'enfant aux décisions qui le concernent, selon son âge et son degré de maturité.

C’est là que se pose le dilemme des conflits Parents/Adolescents, car si le parent associe le jeune à ses décisions, l’avis de ce dernier reste consultatif et le parent est décisionnaire. Alors pourquoi une médiation familiale ?



1. Une bulle pour lever un voile sur notre communication

La médiation n’a pas vocation à accentuer au-delà de la Loi, le pouvoir de décision du jeune, au détriment des prérogatives légales de l’adulte. Cependant elle ouvre un espace de discussion pour que l’adulte puisse poser ses décisions avec les bonnes informations et les arguments de l’adolescent entre ses mains. Cet espace facilite l’échange en dehors des luttes de pouvoir inhérentes au statut de chacun. Le médiateur familial, s’il est formé et qualifié (1), saura aider les protagonistes à discerner les idées reçues des réelles motivations, les vraies attentes, les craintes, les besoins de chacun. C’est comme une personne qui lèverai un voile sur une communication pétries de projections et d’interprétations nocives à la bonne compréhension de la situation.

2. Ne pas confondre thérapie et effet thérapeutique

La médiation n’est pas une thérapie, même si les effets peuvent être thérapeutiques, car le médiateur n’a pas de projet pour les personnes qu’il reçoit, il n’est pas là pour apporter une solution, une clé, un soin mais donner les moyens aux personnes de s’exprimer. C’est un espace de communication encadré qui garantit une authenticité dans les propos et une impartialité. Tout l’intérêt de la médiation réside dans la possibilité d’entendre l’autre, de percevoir les rouages qui l’ont conduit à un point de vue et de refaire le chemin à l’envers pour trouver une voie commune qui répondra aux besoins des 2 personnes. Le risque de rupture du lien entre un adolescent et son parent est fréquent, mieux vaut donc stopper l’escalade dans l’incompréhension avant qu’il ne soit trop tard. Cependant l’affrontement à cette période de la vie est sain et nécessaire. Nul besoin de pathologiser en tirant immédiatement l’alarme sur le comportement du jeune. S’il s’oppose c’est qu’il cherche son identité. Si le parent le vit mal c’est qu’il doute de l’amour de son enfant. Se redire ces choses dans un lieu neutre est souvent plus facile car cela nécessite de préparer le terrain.

3. Les adolescents expérimentent les limites de leur pouvoir

Si le processus de médiation est mené dans le respect de la déontologie de la profession, vous pourrez expérimenter une autre façon d’entendre les messages communiquer. C’est une pratique complexe, qu’il est difficile d’expérimenter dans les situations ou nos peurs, nos attentes, nos filtres prennent le dessus. Cependant, les parents qui ont choisit la médiation pour régler un différend profond ou une perte de confiance, trouve plus facilement les ressources pour communiquer avec sincérité. Cela signifie qu’ils assument plus facilement le rôle ingrat de parent d’adolescent et tienne avec plus d’assertivité (2) leurs décisions. Quant aux adolescents, ils expérimentent en médiation les limites du pouvoir qu’ils s’octroient parfois grâce à un chantage affectif auprès de leurs parents. Pourraient-on même dire qu’ils gagnent en maturité ?,,,

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2017 crée par Isabelle Pénin Question de famille avec WIX.com       

Logo Fanny Poussier et Patrice Aubry

Crédit photos Virginie Joncourt et Maureen Le Bouhart